Blog de Postskript

Comment écrit-on un roman?

Posté le 25 janvier 2008 dans la catégorie ateliers d'écriture, écriture par Hubert Heckmann

Douglas Kennedy, La Femme du Ve

Douglas Kennedy, né à Manhattan en 1955, est l’auteur de nombreux romans, dont La Femme du Cinquième et Les Charmes discrets de la vie conjugale. Lorsqu’il était étudiant à l’Université du Maine, il avait la réputation de poser les questions auxquelles nul ne peut répondre : comment écrit-on un roman ? Comment trouve-t-on une idée ? Comment développer une narration ?

C’est finalement chez ses écrivains favoris qu’il a trouvé, non pas des réponses toutes faites, mais des modèles à suivre. De William Somerset Maugham, il a retenu cet aphorisme : « Il y a trois règles fondamentales pour écrire un roman… mais le problème est que personne ne les connaît ! » Douglas Kennedy a également pris pour maître Graham Greene, dont il a adopté la méthode : écrire 500 mots par jour, tous les jours sauf le dimanche.

Douglas Kennedy s’est rendu compte qu’on ne répondait pas à une question comme « comment écrit-on un roman ? » autrement qu’en se mettant soi-même à écrire. La théorie n’est d’aucun recours quand on cherche sa voix, son style, quand on veut créer une œuvre personnelle. Seule compte la pratique, régulière, méthodique, de l’écriture. C’est pour cela qu’on appelle ateliers d’écriture les formations à l’écriture littéraire : il ne peut s’agir de « cours d’écriture » qu’on recevrait passivement. L’atelier d’écriture, comme l’atelier du peintre, est un lieu de découverte pratique, d’expérimentation, où l’on apprend un art en s’y essayant.

Le romancier et ses personnages

Posté le 14 décembre 2007 dans la catégorie littérature par Hubert Heckmann

Dali, Le navire

Quand on lit un roman, on peut se demander quelle est la part de vérité d’une situation ou d’un personnage : combien le romancier a-t-il mis de sa propre expérience du monde dans ses créatures ? Dans un essai intitulé Le Romancier et ses personnages, François Mauriac soutient que « les héros de romans naissent du mariage que le romancier contracte avec la réalité. Ces formes, que l’observation nous fournit, ces figures que notre mémoire a conservées, nous les emplissons, nous les nourrissons de nous-mêmes, ou, du moins, d’une part de nous-mêmes. »

Ainsi, en créant un personnage, le romancier ne se contente pas d’imiter et de travestir des situations déjà vécues et connues. Pour créer un personnage de fiction, il ne faut pas prendre pour modèle le cours unique de sa vie réelle. Au contraire, on doit s’efforcer de prolonger son expérience par l’imagination : c’est avec les directions infinies de ses vies possibles qu’on crée un personnage. L’art du roman peut être défini comme une autobiographie du possible.